Le retour en présentiel à l'origine d'une lésion professionnelle
Dans une décision du 20 avril 2026, le TAT a reconnu qu’une infirmière de liaison se déplaçant en fauteuil roulant avait subi une lésion professionnelle en raison d’un environnement de travail non adapté et d’une exposition accrue à celui-ci.
Dans cette décision, la travailleuse bénéficiait depuis plusieurs années d’un poste de travail adapté et d’un horaire hybride, à raison de deux jours de télétravail par semaine. À la suite du déménagement des bureaux de son département, elle se retrouve dans un local non conforme à ses besoins, avec un bureau trop haut, des portes lourdes sans ouverture automatique et des installations sanitaires inaccessibles.
En raison de l’arrêt maladie d’une collègue, la travailleuse est ensuite forcée de se rendre au bureau à temps plein, période durant laquelle elle développe des douleurs aux avant-bras menant à un diagnostic d’épicondylite bilatérale.
En appliquant la notion élargie d’accident du travail prévue à l’article 2 de la Loi sur les accidents de travail et les maladies professionnelles du travail, le TAT rappelle qu’un évènement imprévu et soudain peut résulter d’une période d’exposition à des contraintes inhabituelles, notamment lorsque l’ergonomie est déficiente ou que les tâches sont modifiées.
Le TAT reconnaît ainsi que la travailleuse a subi un accident de travail considérant l’exposition accrue à cet environnement ergonomique déficient à raison d’un horaire à temps plein en présentiel.
Cette décision souligne qu’un retour en présentiel modifiant substantiellement l’environnement de travail peut constituer le facteur déclencheur d’une lésion professionnelle.
Pour lire la décision complète : Lauzier et Centre intégré de santé et de services sociaux de Chaudière-Appalaches Alphonse-Desjardins, 2026 QCTAT 1665
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